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Feuille de route pour des études / travaux / système d'endiguement

Message de Janique VALY - EPTB Seine Grands Lacs

Bonjour à tous,
Je viens une nouvelle fois poser plein de questions (c’est limite un appel à l’aide à ce niveau…)
Dans le cadre de la réalisation d’un système d’endiguement, une des digues qui le compose pose soucis, son état est inquiétant et, en plus, son emprise est sur différents terrains privés. Cependant cette digue a un réel enjeu de protection (zone urbanisée, avec des habitations en retrait immédiat de l’ouvrage).
Bien que classée C au titre du décret 2007-1735 et malgré de nombreux avis rien n’a, à ce jour, été fait pour la restaurer…
Pour ce que j’en sais, la digue est sollicitée à partir d’un débit de l’ordre de 500 m3/s et joue son rôle de protection jusqu’à une crue de période de retour de 30 ans environ. Mais cela serait peut-être à confirmer…
Il s’agit d’une digue très hétérogène, avec les caractéristiques suivantes :
  • Digue en terre
  • Longueur de la crête= 265 m environ
  • Largeur de la crête = Variable entre 1 m (largeur minimale) et 5 m (largeur maximale)
  • Utilisation de la crête = Plusieurs usages : chemin, terrains privés
  • Fruit du parement amont (H/V) = Variable. En partie centrale de la digue autour de 1H/1H (estimé sur place)
  • Fruit du parement aval (H/V) = Variable : présence de murs. Environ 1H/1V (estimé sur place)


La digue n’est pas équipée d’ouvrages traversants tels que déversoirs ou vannes, par contre des réseaux enterrés peuvent être enfouis à l’intérieur de la digue (aucune liste de ces réseaux n’a été transmise pour l’instant).

En 2014 un rapport indiquait un possible risque d’érosion interne en raison de la présence de végétation sur les talus de la digue, présence de terriers, souches d’arbres morts et systèmes racinaires et des aléas de rupture différentes en fonction des tronçons de la digue.
En 2016, l’état de la digue était jugé préoccupant. Pendant de nombreuses années, aucun gestionnaire de la digue n’étant identifié, la digue a subi des modifications et dégradations (escaliers, prélèvements de terre, plantations, …).
Il faudrait donc établir une feuille de route qui inclut des études, la restauration et le classement en système d’endiguement. Et j’avoue que cela dépasse un peu mes compétences actuelles d’où mes interrogations. Je sais que les études d’évaluation de la sûreté des barrages en remblais nécessitent de bien caractériser l’état des ouvrages ainsi que les propriétés des matériaux.
Je suppose donc qu’il faudrait faire :
  • Une campagne de reconnaissance géotechnique
  • Éventuellement une étude géophysiques ?
  •  Une étude hydraulique du système d’endiguement (dans le cadre de l’étude de dangers)
  • Éventuellement (très probablement) des travaux de confortement ?


Nous verrons ensuite s’il est possible de mettre en place de servitudes / convention / rachat…

Est-ce que j’oublie des choses (très certainement) ? Est-ce que vous auriez des feuilles de route similaire en exemple ? Une idée des délais pour réaliser cela ?
Je sais, cela fait beaucoup de question pour un lundi matin ;)

Merci d’avance, tout aide sera la bienvenue !

Janique VALY
EPTB Seine Grands Lacs
Modifié il y a 2 semaines, 3 jours
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Bonjour
vos questions sot bien exposées et je comprends que vous soyez perplexe. Par contre je m'étonne que vous n'ayez personne dans votre organisme pour vous accompagner dans cette démarche ! Vous avez des collègues qui s'occupent des barrages ils devraient pouvoir (à défaut d'une AMO extérieure) en être capables.
J'ai un premier commentaire : vous parlez de digue, classée au titre du décret de 2007, mais qu'en est il du système ? Cette digue constitue t'elle un système complet ou bien est elle associée  d'autres ouvrages pour former un système hydrauliquement cohérent ? C'est à l'échelle du système qu'il faut porter les réflexions stratégiques. Quitte à redescendre ensuite au niveau d'un ouvrage pour des reconnaissances plus poussées et des projets de confortement.
Je dirais que la première chose à faire est d'identifier le système (sans a priori, mais sur la base d'une analyse topo), puis en second d'en (faire) réaliser l'EDD, pour celle ci il faudra un diagnostic et donc probablement des reconnaissances (programme à définir au cours de l'étude) et des modélisations hydrauliques donc un phasage de réalisation de cette EDD progressif. Et sur la base de l'EDD vous pourrez d'une part faire procéder à l'autorisation et au classement du système, définir les consignes, et définir les éventuels travaux de confortement  de tel ou tel ouvrage ou encore de modification du système. La littérature sur les EDD et l'analyse de risque est aujourd'hui plus étoffée qu'il y a quelques années, je vous invite à vous l'approprier.
Cordialement
RT
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Bonjour,
Je vous remercie des réponses apportées, elles en soulèvent d'autres :)
Pour ce qui est de mes collègues, l'idée est de réfléchir en amont afin de solliciter les autres directions une fois la réflexion un peu "éclaircie" mais il est bien prévu d'en discuter avec eux, oui :)
Pour répondre à vos questions, la digue va en théorie constituer un système d'endiguement à elle seule. Du coup, une des questions qui se posent est le maintient cette digue. En effet, une réflexion est à mener sur la pertinence de créer un système d'endiguement ou de mettre l'ouvrage en transparence hydraulique  en fonction, aussi, des coûts (humain et financier) que cela entraine versus la protection fournie. Ce qui fait que je me demandais s'il n'était pas pertinent de faire certaines études avant même l'EDD car pour réfléchir au système d'endiguement il faut connaitre le "prix" de la réhabilitation de la digue, non ? Et savoir aussi si le rôle de protection qu'elle est censé jouer est toujours d’actualité. Vous pouvez me dire si je pense "à l'envers".
Après si en effet, il est prévu d'en faire un système d'endiguement "quoiqu'il en coute" je comprends la logique de faire les études dans le cadre de l'EDD.
Je ne sais pas si j'ai bien réussi à expliquer mon dilemme mais je vous remercie par avance de vos retours.
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Bonjour Janique,
Il est toujours possible de faire des études qui répondront à tes interrogations avant une EDD. Ces études ne seront pas perdues car elle pourront être reprise dans le cadre de l'EDD et plus généralement dans le dossier d'autorisation du système d'endiguement. Si cette digue a déjà une existence légale elle doit déjà disposer d'études qui pourraient te permettre de répondre à la plus part des question. Si ce n'est pas le cas avant de ce lancer dans des études couteuses, il peut s'agir d'une VTA un peu poussée avec une modélisation hydraulique. La VTA te donnera un avis d'expert sur l'état de la digue, les travaux à y mener avec une estimation "à la louche" des coûts. La modélisation te permettra de connaitre précisément la zone protégée, le niveau de protection (en prenant en compte la revanche avant surverse, en générale 50 cm) et le débit de surverse qui peut être supérieure au niveau de danger en l'état actuel.
A cela, tu peux ajouter une analyse cout-bénéfice succincte pour voir si le jeu en vaut la chandelle ou non.
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Bonjour
sans remettre en cause la réponse de Emmanuel Guilmin avec qui je suis d'accord, j'insiste tout de même sur l'impérieuse nécessité de commencer par une étude topographique pour valider la constitution physique du système de protection complet et donc de valider que la digue constitue bien à elle seule un système effectif de protection. Je ne suis pas convaincu par le "a priori", il faut le démontrer avec une étude topo éventuellement croisée avec des lignes d'eau. Les études doivent porter sur les systèmes et pas sur des ouvrages. Désolé d'insister lourdement, mais cet aspect est essentiel. Une EDD qui ne porte que sur une partie d'un SP/SE n'est pas valable.
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Oui, tout à fait, il convient de bien cibler l'ensemble du système. Une analyse via les données Lidar (de la BD alti 1m en l'absence de Lidar local) permettra de repérer l'ensemble des levés de terre du territoire qui, croisées avec les lignes d'eau, permettra de déterminer si elles ont un rôle de protection ou non. Une confirmation sur le terrain peut être nécessaire car en fonction de la végétation, le lidar peut être imprécis.
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Merci de vos réponses.

Cette digue a bien une existence légale mais on ne peut pas dire qu'elle dispose d'études…

Si je comprends bien, 2 options s'offrent à moi :

  • OPTION 1 : étude topographique + VTA + modélisation hydraulique
  • OPTION 2 : étude topographique + EDD sur le système d'endiguement (après avoir vérifier les éléments qui le compose via l'étude topo notamment)

C'est bien cela ?
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C'est bien ça. Sachant que l'option 1 est une extraction de l'option 2, surtout selon ce que tu demandes dans la modélisation (zone protégée, niveau de protection, crue de référence…). Du coup, ça n'engendre pas un gros surcout de faire l'option 1 et en fonction des choix qui seront fait d'engager le reste de l'option.
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Bonjour
encore une fois j'insiste de plus en plus lourdement (mais vous continuez à parler de digue) il faut bien valider l'ensemble du système.
pour cela il faut bien commencer comme dans vos deux options par la topo et croiser cette topo avec des modélisations hydrauliques, mais pas forcément à faire réaliser spécifiquement (il doit bien exister des études antérieures), cela permet de valider le système
à la fin dans le cadre de l'autorisation il faut réaliser l'EDD qui pourra nécessiter différents types de reconnaissances et modélisations (dont une modélisation hydraulique plus précise et ciblée) donc ni option 1 ni 2 mais un peu les deux à la fois (en fonction de ce qu'on a déja)
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Ma dernière réponse rédigée en parallèle de celle de Emmanuel, que je n'ai vue qu'après !
Pour faire une synthèse de nos deux réponses, l'option 1 suggérée/validée par Emmanuel peut comprendre une étude hydraulique spécifique (je suggère de réutiliser des études existantes), mais dans l'option 2 EDD il faudra modéliser des scénarios spécifiques que l'on n'a pas identifié au début du processus
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