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Calvados : Coeur de Nacre lance son étude de dangers

Article de journal


illustration Calvados : Coeur de Nacre lance son étude de dangers

Credits photos : Coeur de Nacre

Sur le site historique de « Juno Beach » entre Ouistreham et Arromanches, le mur de digues fait 10 kilomètres de long, dont plusieurs tronçons ont été classés « C » à Courseulles et Bernières-sur-Mer. L’étude de dangers va être lancée.

Une étude de dangers peut en cacher une autre. Fin 2015, dans la foulée de la loi NoTre, l’étude de dangers (EDD) portant sur la digue de Courseulles-sur-Mer avait été stoppée. Principale raison : la commune de Courseulles venait de décider de quitter son bloc communal d’appartenance, commanditaire de l’étude, pour rejoindre la communauté de communes Cœur de Nacre. En 2022, c’est Cœur de Nacre (C2N) qui vient de relancer l’étude. L’appel d’offre a été publié et les réponses étaient analysées au début de l’été par le vice-président en charge de la gestion des risques à la C2N, Nicolas Delahaye, ainsi que le Chargé de mission Prévention, Gestion des Déchets et Gemapi et l’agence technique départementale IngéEAU. Cette étude permettra au bloc communal de faire régulariser administrativement son système d’endiguement avant la date butoir légale fixée au 30 juin 2023. Le système englobera les deux digues classées de Courseulles et Bernières, sur environ 4,7 km soit une petite moitié des 10km de mur qui protègent le littoral de Cœur de Nacre. Ce mur de digues est complété par soixante-dix épis, qui cassent les vagues et contribuent à maintenir le sable sur les plages.

Soutien de Calvados Ingénierie

Pour co-piloter le chantier de cette étude de dangers, le bloc communal a fait appel au réseau Calvados Ingénierie. Regroupant des experts et des entreprises privées, ce réseau est une initiative du département, à destination des communes et des intercommunalités du Calvados. Il intervient sur des problématiques variées. « Calvados Ingénierie fait partie des outils partagés pour avancer sur des sujets très techniques », observe Nicolas Delahaye. Concrètement, c’est l’agence technique IngéEAU qui assiste Cœur de Nacre au nom de Calvados Ingénierie. « Ils nous ont aidé pour la rédaction du cahier des charges », précise Nicolas Delahaye.

Stratégie d’entretien

Sans attendre les résultats de l’EDD, Cœur de Nacre entretient ses digues. Trois axes pour l’entretien des ouvrages ont été validés par la commission Gestion des risques de l’intercommunalité. Le premier est de « maintenir en parfait état le mur de digues, qui est le dernier rempart pour les zones urbanisées. Dès qu’il y a une fissure ou un élément maçonné qui s’efface, on vient tout de suite intervenir dessus ».  Les deux autres axes concernent les épis. « On va regarder si un dégât nécessite un chemisage complet, ou une intervention en profondeur, plutôt que de saupoudrer dès qu’il y a un coup de vent », explique l’élu. Troisième axe, la mise en sécurité. « Quand un épi en bois ou avec une partie métallique présente un danger pour la population, on intervient». Au total, l’entretien de ces ouvrages mobilise un budget d’environ 180.000 euros annuels, chiffre à comparer à l’assiette de la taxe Gemapi, 200.000 euros en 2022.

Diagnostic complémentaire

Le mur des digues littorales s’étend sur trois autres communes à Saint-Aubin-sur-Mer, Langrune-sur-Mer, et Luc-sur-Mer. « C’est le même type d’ouvrage, mais on n’est pas sur une problématique de submersion, les enjeux sont l’érosion et la protection de nos plages », ajoute Nicolas Delahaye. Il a proposé à l’intercommunalité de réaliser une étude diagnostic sur ces tronçons. Objectif : aider à définir une stratégie de gestion des ouvrages et une politique d’aménagement du territoire. Ce volet d’étude fait l’objet d’une tranche optionnelle dans l’appel d’offres, l’idée étant de la confier au même bureau d’études pour avoir une vision globale.

Questions d’organisation

Avec un peu plus de 23.000 habitants, la communauté de communes Cœur de Nacre fait face à d’autres risques que la submersion, dont le ruissellement et les remontées de nappes sur ses communes rétro-littorales. «Une difficulté, c’est le cloisonnement des organisations et des soutiens financiers par type de risque », estime Nicolas Delahaye. Tous les bassins versants du territoire ont tout de même pu faire l’objet d’une étude du ruissellement. Autre défi, l’organisation de la Gemapi au sein du bloc communal. Suite au départ d’un agent, les dossiers Gemapi ont été repris par le chargé de mission Gestion et prévention des déchets. Avoir environ 0,5 ETP sur la Gemapi, est-ce suffisant ? « L’organisation a ses fragilités. Il faut qu’on réfléchisse et sache s’adapter en fonction des besoins », estime l’élu.

Contributeur

thibault lescuyer

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