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Inondations : les bassins de rétention font débat

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illustration Inondations : les bassins de rétention font débat

Après les inondations dans le Sud-Est et à Mandelieu-la-Napoule, les bassins de rétention se sont invités à la Une des médias. Au risque d’être présentés, de manière exagérée, comme la solution miracle.

 « On se sent abandonnés par l’Etat », titrait Libération, dans son édition du 2 décembre. Le quotidien est allé enquêter à Mandelieu-la-Napoule, dans les Alpes-Maritimes, où « les habitants attendent désespérément des aménagements, dont un bassin de rétention, depuis 2015 ». Et où le maire Sébastien Leroy critique la lenteur des services de l’Etat et les lourdeurs administratives qui ralentiraient, selon lui, la création d’un bassin de rétention. Le bassin en question est prévu dans le Programme d'Actions de Prévention des Inondations (PAPI d’intention) Pays de Lérins, qui a été présenté aux habitants le 10 octobre 2019, un mois avant les dernières inondations. Sa mise en service pourrait intervenir « pour 2023 au mieux» selon le journal 20 minutes.

Dans cette commune de presque 23000 habitants, voisine de Cannes, le principal fautif des inondations est, aux yeux des riverains, le Riou de l’Argentière. Tantôt « ruisseau paisible », tantôt torrent dévastateur, le Riou prend sa source à 315 m d’altitude et rejoint la Méditerranée à Mandelieu-la-Napoule, après 15 km de trajet. Il a atteint, le dernier week-end de novembre, une hauteur de 6m d’eau.

D’après Sébastien Leroy, maire de Mandelieu-la-Napoule, le projet de bassin de rétention arrive bien trop tard, à cause notamment des réglementations sur la biodiversité.

« C’est l’Etat qui fige les travaux. Il protège les crapauds, les grenouilles, les écrevisses à pattes blanches et à pattes rouges… Il protège toutes les espèces sauf l’homme» (source : Libération). 

Le directeur départemental des territoires et de la mer des Alpes-Maritimes, Serge Castel, lui aussi interviewé par Libération, n’est pas de cet avis. S’il reconnaît des retards pris dans le projet de bassin de rétention, il les explique par des études techniques qui n’ont pas été concluantes et qu’il a donc fallu reprendre, afin de concevoir le projet actuel. Le futur bassin est désormais dimensionné pour retenir 390.000 m3 d’eau.

Surtout, Serge Castel met en garde contre des mauvaises interprétations. Solution providentielle, le bassin ? Non, car même s’il était déjà en place, il « n’aurait jamais pu pallier les crues des deux derniers week-ends. Depuis un mois, il a plu 600 mm d’eau. Les sols sont gorgés. Ce n’est pas un bassin de rétention qui aurait enrayé ce surévénement.»

Outre le risque d’inondation, il faut prendre en compte la vulnérabilité des quartiers. Celle-ci s’explique en grande partie par « la bétonisation et de mauvais choix d’urbanisation », selon certains observateurs cités par Libération. Quant aux inondations de cette année, elles sont dues à des pluies intenses dont la fréquence va augmenter à cause du changement climatique.

La région de Cannes n’est pas la seule de France à prévoir des bassins de rétention pour mieux se protéger. A 1000 km plus au Nord, le Syndicat Mixte pour le schéma d'aménagement et de gestion des eaux de Boulogne-sur-Mer (SYMSAGEB) prévoit de construire cinq nouveaux bassins de rétention sur son bassin versant, alors qu’il y en a déjà trois, opérationnels. La capacité de rétention totale devrait ainsi passer de 300 000 m3 à 800 000 m3 d’eau. Ce projet est en phase d’étude et de dimensionnement, selon le journal La Voix du Nord.

Sources :

https://www.liberation.fr/france/2019/12/02/inondations-on-se-sent-abandonnes-par-l-etat_1766870

https://www.20minutes.fr/nice/2665815-20191203-intemperies-sud-apres-nouvelles-inondations-impatience-atteint-niveau-record-mandelieu-napoule

Source sur les bassins de rétention du Boulonnais :

https://www.lavoixdunord.fr/662145/article/2019-11-07/vers-un-doublement-des-capacites-des-bassins-de-retention-dans-le-boulonnais#&pw

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