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Atelier de simulation de crue, surveillance des digues : retour d’expérience du Grand Lyon

Retour d'expérience


illustration Atelier de simulation de crue, surveillance des digues : retour d’expérience du Grand Lyon

Une situation météo qui se dégrade, une crue du Rhône, un désordre sur un ouvrage... rassurez-vous, tout était simulé mais la pression est tout de même montée le 23 avril dernier à Lyon ! Pour cause, France Digues a été missionnée par le Grand Lyon pour organiser un atelier de simulation destiné à son personnel.

Objectif : tester les procédures et outils de surveillance des ouvrages en période de crue, jusqu'à la crue de danger. 

Serge ZOBOUYAN (chef de projets au Grand Lyon) était à l'origine du projet et a accepté de témoigner.

France Digues (FD) : Qu'est-ce qui vous a motivé à organiser cet atelier ?

Serge ZOBOUYAN (SZ) : « La Métropole de Lyon a mis en place une astreinte de surveillance des digues en période de crue du Rhône en 2022. Depuis 2022, la Rhône n’a jamais dépassé une occurrence de crue supérieure à Q5 à Lyon, le seuil de vigilance qui prévoit de faire des tournées quotidiennes. L’organisation d’un exercice était attendue par les agents d’autant que la DREAL le mentionne à chaque visite annuelle d’inspection. »

FD : Est-ce que l’atelier a répondu à vos attentes ?

SZ : « Nous attendions de cet atelier de pouvoir tester en interne notre procédure décrite dans les documents d’organisation en période de crue pour la surveillance de nos deux systèmes d’endiguement de classe A. L’atelier nous a permis d’une part de manipuler le gros classeur de procédures à appliquer en fonction des seuils de vigilance. D’autre part, la chaîne d’alerte et de communication a été testée, que ce soit au sein de l’équipe mais aussi vers l’extérieur, en utilisant notre logiciel de main courante Jaguards. L’atelier est un bon moyen pour prendre de la hauteur sur notre organisation et de mettre en évidence les points d’amélioration à apporter sur les documents. Cela reste une première étape car il faudrait aussi organiser un exercice élargi en associant les communes et les services de l’État. »

FD : Pour vous (en tant que chef de projet ayant organisé l’atelier) et pour vos collègues (en tant que « cadres » et « patrouilleurs » ayant participé à l’atelier), quels sont les principaux enseignements que vous avez tiré de la journée ? 

SZ : « Ils sont nombreux mais je retiens surtout que mes documents d’organisation ne sont pas encore suffisamment opérationnels. Pour mes collègues cadres, je crois qu’ils ont vraiment pris conscience que les missions du cadre sont nombreuses alors qu'ils peuvent se retrouver un peu seuls le week-end. Concernant les patrouilleurs, ils souhaitent s’entraîner plus souvent à utiliser les outils « terrain » mis à leur disposition et faire des tournées d’entrainement plus régulièrement. »

FD : Quelles suites seront données à l’atelier ?

SZ : « Le CR de l’atelier va déjà me permettre de justifier à la DREAL l’organisation d’un exercice. 
Plus concrètement, nous envisageons la modification de la constitution du roulement des astreintes. Je fais partie d’un service Assainissement et GEMAPI qui dispose de peu d’agents spécialisés dans la Prévention des Inondations. Nous avons fait le choix de constituer des équipes de 3 personnes (un cadre et 2 patrouilleurs) chaque semaine parmi les 45 personnes volontaires du service.  Un volontaire effectue 2 à 3 semaines d’astreinte par saison. Actuellement, une personne peut être cadre une semaine puis patrouilleur une autre semaine. À l’issue de l’atelier, j’envisage de spécialiser les volontaires en leur confiant une mission unique. Le « patrouilleur » devra bien connaître les parcours de visite et le « cadre » devra être à l’aise pour appliquer la procédure. Nous allons mettre à profit la période estivale pour améliorer nos documents d’organisation et organiser une nouvelle session de formation à l’ensemble des volontaires. »

FD : Quel était le rôle de France Digues dans cet atelier ?

SZ : « France Digues a déjà fait un gros travail de préparation pour s’approprier tous les documents et comprendre notre organisation interne plutôt complexe. J’ai aussi bénéficié de leur expérience dans l’organisation d’ateliers du même type. Le rôle d’animateur de l’atelier, pour dérouler le scénario imaginé et les différents incidents à simuler, est également essentiel dans la réussite de la journée. L’animation est d’autant plus complexe que l’atelier mobilisait deux équipes pour jouer le même scénario en parallèle. Enfin, France Digues apporte un regard extérieur à notre organisation. Cela permet à France Digues de dresser un bilan de l’exercice sans parti pris et de formuler des remarques pertinentes. France Digues a présenté son bilan à l’ensemble des volontaires lors de la restitution de l’atelier. 
En résumé, je suis partant pour que France Digues assure l’animation d’un nouvel atelier dans 2 ans. »

Et maintenant, si vous deviez témoigner en une phrase...

Si cette journée était un film, quel serait son titre ?

Pour les cadres, ce serait « 24h chrono ».
Pour les patrouilleurs, « Indiana Jones à la recherche du désordre caché ».

À quel moment de la journée vous êtes-vous dit : "Ah, là, il se passe quelque chose d'intéressant !" ?  Quand j’ai constaté que les 2 équipes, qui faisait le même exercice en parallèle, n’appliquaient pas la procédure de la même manière
Quelle est la chose que vous ne pensiez pas apprendre et qui vous a surpris ? Le cadre peut se retrouver seul à appliquer une procédure complexe et à prendre des décisions importantes alors qu’il subit déjà le stress de l’évènement.
Quelle idée reçue avez-vous laissé de côté depuis l’atelier ?  Notre logiciel Jaguards, pour saisir la main courante et communiquer en période de crise, n’est pas si facile à utiliser sans un minimum d’entrainement.
Quelle anecdote garderez-vous de cette journée ? Un imprévu. Une équipe de patrouilleurs, partant pour le terrain, est restée bloquée 15 minutes avant même de pouvoir sortir du parking...
Vous avez pu échanger avec les participants sur leur ressenti et faire un bilan de la journée. Quel retour vous a le plus marqué ?  Tous les participants étaient épuisés à la fin de cette journée intense. Je me rassure en me disant que l’exercice accéléré à simuler une crue Q50 du Rhône en 5h chrono !
Est-ce que vous conseilleriez cet atelier (et sous ce format) à un autre adhérent ?  Sans hésiter !

 

Nous remercions le Grand Lyon pour sa confiance et nous restons à ses côtés pour poursuivre ses réflexions sur son organisation. 

+ d'info sur les ateliers proposés par France Digues : LIEN
N'hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez vous aussi organiser ce type d'intervention dans votre structure. 

Une équipe de patrouilleurs en surveillance
Debrief en fin de journée
Debrief en fin de journée

Crédit photos : Grand Lyon et France Digues, 2026

Contributeur

Eugénie REY

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