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Bassin versant de la Vilaine : rénovation des aménagements hydrauliques

Article de journal


illustration Bassin versant de la Vilaine : rénovation des aménagements hydrauliques

Mis à l’épreuve lors de la crue de juin 2018, quatre ouvrages de stockage temporaire situés à Châteaubriant et Soudan ont été rénovés en 2023 par l’EPTB Eaux & Vilaine. Des nouveaux ouvrages sont à l’étude.

crédit photo: Eaux & Vilaine

Les pluies orageuses de juin 2018 tombées sur le bassin de la Vilaine ont été assez atypiques, signale Sébastien Baron, le responsable de l’unité gestion quantitative à l’Établissement Public Territorial (EPTB) du bassin de la Vilaine, Eaux & Vilaine. «Sur ce secteur du bassin versant les inondations sont quasiment toutes hivernales. L’orage de juin 2018 est arrivé quand les sols étaient déjà assez saturés d’eau. Nous avons eu 100 mm de pluie en 24H, ce qui pour nous est beaucoup. Des inondations ont eu lieu en ville à Châteaubriant, liés à la fois au ruissellement et au débordement du cours d’eau, la Chère ». Elles ont motivé les élus et l’établissement public à rénover les ouvrages de ralentissement des crues situés sur le bassin versant de la Chère, un affluent de la Vilaine. Ces travaux se sont terminés en octobre 2023. Ils seront complétés par la construction de trois ouvrages additionnels.

Système d’ouvrages de stockage temporaire
Depuis 2010, quatre ouvrages de ralentissement des crues sont en place sur les communes de Châteaubriant et Soudan, en Loire Atlantique. Construits sous maîtrise d’ouvrage de l’ancien syndicat mixte de la Chère, ils sont dimensionnés pour stocker jusqu’à 373.000 m3 d’eau, un volume nécessaire pour empêcher les inondations à Châteaubriant en période de crue jusqu’à une période de retour de 10 ans. « Ce sont des ouvrages transversaux passifs, qui laissent passer l’eau par une « fenêtre », en temps normal. On les appelle des retenues sèches»,  poursuit Sébastien Baron.

Devenus transparents après surverse
En juin 2018, cette capacité de stockage a été pleinement mobilisée, ce qui a réduit la hauteur d’eau à Châteaubriant de 30 cm. Après avoir atteint leur volume maximal de stockage, les ouvrages sont passés en surverse. Autrement dit, il y avait autant d’eau arrivant en amont que d’eau repartant en aval. Leur rôle hydraulique était devenu « transparent ».

Mais l’événément a aussi suscité une découverte inattendue quant au niveau de sureté du système de stockage. « Nous regardons deux choses, le niveau de protection mais aussi le niveau de sureté qui correspond à la situation où le déversoir est plein. Le déversoir était saturé et on a craint une surverse généralisée avec risque de brèche.  On pensait disposer d’un déversoir pour un évènement de période de retour de 100 ans, mais nous étions en fait à 20 ou 30 ans », ajoute le responsable de l’unité quantitative.

Un des aménagements hydrauliques lors de la crue de juin 2018

 

Réfection des ouvrages
Les travaux conduits en 2023 ont consisté simultanément à rénover les remblais des ouvrages et à augmenter le niveau de sureté. « Nous avons créé des nouveaux déversoirs sur deux des quatre ouvrages », explique Sébastien Baron. Ces nouveaux déversoirs consistent en une large échancrure sur la crête de la digue, où est logé un matelas gabion. C’est une vaste case en grillage avec des cailloux, disposée perpendiculairement au cours d’eau, qui permet à l’eau de surverser en période de crue. Ces nouveaux dispositifs, longs de 25 environ, permettent d’augmenter le niveau de sureté à la Q1000, soit une crue d’une période de retour de 1000 ans.

 

Déversoir sur l’aménagement hydraulique du Nid Coquet. Au fond, dispositif anti-embâcles.

 

Les remblais (digues en terre) eux-même sont constitués, assez classiquement, d’un noyau étanche d’argile recouvert de terre végétale protectrice contre la pluie et le dessèchement. Leur remise en état, par un maitre d’œuvre agréé a consisté à décaper la terre végétale pour remettre de l’argile, afin de compenser le tassement naturel. De la terre végétale protectrice a ensuite été rajoutée.

Pour compléter ces aménagements, des dispositifs anti-embâcles ont été mis en œuvre sur les quatre ouvrages. Il s’agit de pieux en bois, disposés en amont de la « fenêtre » métallique qui permet le passage du cours d’eau.

 

Dispositif anti-embâcles en amont de la "fenêtre" d'un des ouvrages

 

Nouveaux ouvrages
En complément de ces premiers travaux, les élus ont décidé de mettre en œuvre un augmentation du niveau de protection, pour protéger les enjeux locaux contre des crues d’une période de retour de 20 à 30 ans, au lieu de 10 actuellement. Pour ce faire, trois nouveaux aménagements ont été inscrits dans le programme PAPI de la Vilaine. Ces nouveaux ouvrages faisaient l’objet, au printemps 2024, d’études techniques préalables. Ils stockeront jusqu’à 200.000 m3 supplémentaires.

Fait intéressant, les études ont montré l’intérêt hydraulique d’ajouter des haies, autrement dit de reconstituer en partie le bocage, sur les secteurs à ruissellement. La Prévention des inondations (la PI de la compétence GEMAPI) bénéficiera donc d’aménagements agroécologiques, suivant une logique de plus-value intégrée : à la fois hydraulique contre les inondations et biodiversité. 

Le coût des travaux concernant la rénovation des ouvrages s’est élevé à 400 000 € TTC financés à 50% par l’État, dont 40% par le fonds prévention des risques et 10% par le fonds vert. Les 50% restant sont financés par la Communauté de Communes Châteaubriant-Derval.

 

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Sources : communauté de communes Chateaubriant Derval

Crédit photo : Eaux & Vilaine

 

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