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Grand Dax : travaux sur les digues, nouvelle EDD en vue
Article de journal
Dotée d’un système d’endiguement complexe de classe B, long d’environ 13 km, l’agglomération du Grand Dax poursuit ses travaux de consolidation des digues. L’Etat lui demande une nouvelle étude de dangers.
Durant l’été 2026, seule la Feria de Dax aura interrompu les travaux sur les digues, pour 15 jours dédiés à la fête et aux touristes. Le reste de la période s’étalant entre mi juin et mi octobre est l’occasion pour l’agglomération du Grand Dax de poursuivre la rénovation de son système de protection contre les crues de l’Adour. Le programme de travaux s’étale sur une dizaine d’années depuis 2020, explique Véronique Michel, la responsable du service milieux naturels – un service qui assure la compétence GEMAPI - au sein de l’intercommunalité. Dix ans, parce qu’il faut bien lisser des travaux coûteux et parce qu’il est difficile d’avancer plus rapidement sur un périmètre urbain complexe en bord de cours d’eau. Pendant l’été 2026, les travaux se concentrent sur la rive gauche de l’Adour, autour du quartier des Baignots.
26 tronçons d’endiguement
« A Dax, chaque tronçon du système d’endiguement est particulier, avec des typologies très différentes », explique la responsable de la Gemapi. Le descriptif du système d’endiguement fait état de 26 tronçons répartis sur les deux rives, auxquels s’ajoutent 23 batardeaux amovibles inclus dans le système d’endiguement et une trentaine de dispositifs hydrauliques (vannes, pompages…). Les batardeaux, en particulier, ferment des accès aux berges de l’Adour ou font la jonction entre certains tronçons. Le tout protège quatre sous-zones de protection contre les crues d’une période de retour entre 2 et 10 ans. Une fois que tous les travaux de confortement prévus seront réalisés, la protection devrait s’élever jusqu’ à la crue trentennale.

Travaux sur la digue des Baignots, août 2026 (crédit : Grand Dax)
Sur l’un des tronçons de la rive gauche en travaux cet été, l’ancienne digue doit être cassée sur 250 mètres pour être reconstruite. Ici, l’intercommunalité travaille sur des ouvrages anciens qui étaient « en limite de rupture », d’après les diagnostics techniques. Le vieux mur mixte en pierre et remblais est progressivement remplacé par un mur en béton armé en T, avec une partie remblais sur le côté de la zone protégée.
Mur mixte déconstruit
Outre la feria de Dax, une autre contrainte impactant le phasage des travaux est le risque que survienne une crue avant la fin du chantier. Pour parer à cette éventualité, la rénovation a été organisée en séquençant les travaux par plots de 25 mètres, ce qui permettrait en cas de crue de refermer le système d’endiguement en urgence, grâce à des bigs bags apportés là préventivement. Suite à la sécheresse de l’été, ce risque semblait très théorique. Mais s’il n’est pas possible de prévoir la météo un mois avant la fin d’un chantier, cela l’est encore moins lors des études préalables.
Par conséquent, dès lors que les travaux réduisent temporairement la protection, les entreprises doivent prévoir dans leur offre la sécurisation éventuelle du chantier en cas de crue, afin de garantir le maintien du niveau de protection.

La façade de l'ex hôtel fait digue - crue de 2019 (crédit Grand Dax)
Hôtel qui fait digue
Depuis son arrivée à Dax en 2018, Véronique Michel a appris à connaître les 13 km de linéaire d’un système d’endiguement officiellement classé B et qui protège environ 15.000 habitants. L’un des tronçons atypiques en cours de rénovation pendant l’été 2026 est la façade de l’ancien hôtel thermal des Baignots. Emblématique de la ville, l’hôtel a été rénové et transformé en habitat collectif dans les années 2010… Or sa façade côté Adour contribue à la protection contre les inondations, faisant partie du système d’endiguement réglementaire : tronçon L7.6.2 de 101 mètres, d’après l’arrêté d’autorisation du système. Le Grand Dax procède actuellement à une étanchéification du mur, ainsi qu’au remplacement de l’ancienne porte étanche de l’édifice. Cette façade contribue actuellement à la PI dès les crues d’occurrence Q2.

Travaux d'étanchéité sur la façade de l'hôtel des Baignots, juillet 2026 (crédit : Grand Dax)
Historique administratif complexe
Dax est régulièrement exposée au risque de crue. Rien de nouveau sous les ponts de l’Adour, certains ouvrages de protection ont même des fondations qui remonteraient à l’ère gallo-romaine. Mais étonnamment, aucun des 26 tronçons de digues n’était classé réglementairement avant la publication de l’arrêté d’autorisation du système d’endiguement, publié en 2023.
Depuis novembre 2023, le Grand Dax dispose donc du précieux arrêté d’autorisation réglementaire qui définit en détails son système d’endiguement ainsi que les zones protégées, tout en servant de base de référence pour la responsabilité juridique de l’agglomération en cas de dommage lié aux crues. Seul hic, cet arrêté repose sur une étude de dangers (EDD) qui n’a pas été jugée suffisamment complète par les services de l’Etat (DREAL), au point qu’ils ont demandé des compléments ainsi qu’une nouvelle EDD (actualisation complète) d’ici fin 2028, soit bien avant le délai réglementaire de 15 ans fixé pour les digues de classe B. Pourquoi une telle demande ? L’EDD existante est « considérée non conforme » par les services de l’Etat, explique le Grand Dax.
Etude de dangers à refaire
Pièce maîtresse du dossier d’autorisation du système d’endiguement, l’EDD existante a pourtant été validée par les services de l’Etat en 2020, suite à son élaboration par un bureau d’études agréé. A l’époque, le Grand Dax n’était pas encore le maître d’ouvrage. Ensuite, dans l’arrêté de novembre 2023, les services instructeurs de l‘Etat ont demandé l’ajout d’un scénario représentatif d'une défaillance structurelle du système d'endiguement, précisément « au moment où se produit un aléa dont l'intensité doit être telle qu'il génère un risque de rupture supérieur à 50 % ». Cet ajout a été réalisé. Encore reste-t-il à actualiser l’EDD, avant 2028.
« Les services de l’Etat nous disent qu’il faut juste une petite révision de l’étude, mais ce n’est pas si facile » estime Véronique Michel. L’actualisation de l’EDD suppose un nouveau marché public avec un bureau d’études agréé. Or les bureaux d’études (BE) agréés disponibles pour ce type d’études sont peu nombreux et l’agglomération dacquoise constate qu’ils ne veulent pas s’engager sur les hypothèses de leurs prédécesseurs. « La question de l'agrément des bureaux d'études est très compliquée à gérer au final, parce qu'ils ne s'engagent sur rien de ce qu'ont fait leurs prédécesseurs et voudraient tout refaire ».
Complications autour de l’EDD
La collectivité se retrouve également devant la difficulté des responsabilités partagées à l’heure des études de conception des ouvrages à rénover. Si un problème ultérieur sur les ouvrages de protection advenait, le BE agréé ayant assuré la conception des travaux pourrait prétendre que ce n’est pas de sa responsabilité, puisqu’il n’est pas l’auteur des hypothèses qui sont dans l'étude de dangers et qui ont servi de base aux dimensionnements. Mais le Bureau d’études initial pourrait aussi se dédouaner en répliquant qu’il n’a pas dimensionné les travaux.
Malgré ces complications, l’agglomération dacquoise compte bien poursuivre la rénovation du système d’endiguement. A partir de 2027 les travaux en centre-ville au bord de l’Adour débuteront, conformément au programme PAPI (2020 2029) que porte l’Etablissement public territorial de bassin A3 (ex Institution Adour ou EPTB Adour). « Il s’agit d’un projet d’ampleur », estime le directeur général des services techniques de l’agglomération, Laurent Victorin. Les services du Grand Dax espèrent pouvoir avancer avec pragmatisme et faire avancer ces projets au bénéfice de la population.
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