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Tester les astreintes et les Plans Communaux de Sauvegarde (PCS) : Valence Romans Agglo monte en puissance

Retour d'expérience


illustration Tester les astreintes et les Plans Communaux de Sauvegarde (PCS) : Valence Romans Agglo monte en puissance

Crédits photo : Valence Romans Agglo - Test de l'astreinte

A Valence Romans Agglo, les équipes en charge de la compétence Gemapi participent à des simulations tous les ans. L’Agglo accompagne aussi les communes, pour se préparer à gérer une inondation.

Autorité gémapienne depuis 2017, Valence Romans Agglo a sous sa responsabilité 600 km de cours d’eau, sur lesquels se déploient une vingtaine de km de systèmes d’endiguement et d’aménagements hydrauliques classés, ainsi que deux barrages. Pour leur entretien et pour la prévention des inondations, vingt-et-un agents territoriaux sont à pied d’œuvre, au sein du service Gemapi. Au sein de cette équipe, Bénédicte Faure est chargée de projet gestion de crise à l’Unité Projets Prévention des Inondations. Elle pilote directement les exercices de simulation d’astreinte, en cas de crue. C’est elle aussi qui pilote l’entraînement des communes (élus locaux et agents territoriaux) au volet inondation des Plans communaux de sauvegarde (PCS). Simulation de crue et simulation de crise inondation, ce sont deux types d’exercices distincts, organisés dans un cadre réglementaire différent. Mais très complémentaires.

 

Gestion de crue : s’entraîner aux astreintes

A Valence Romans Agglo, depuis 2020 la gestion des crues peut déboucher sur la mise en place d’un service d’astreinte Gemapi, qui imposera aux équipes de se relayer 24H/24 aux postes opérationnels, pendant l’épisode de crue. C’est une astreinte de sécurité déclenchée « à la dernière minute », en cas de vigilance météo orange « pluie-inondation », pour la nuit, le week-end ou le jour férié suivant. Pour l’instant, cinq personnes sont d’astreinte : un coordinateur et quatre agents terrain répartis en deux binômes, pour chacun des deux systèmes d’endiguement classé.

Les procédures d’astreinte ont été fixées dans les détails, en février 2020. Elles complètent les grands principes qui ont été décrits dans le document réglementaire de « consignes de surveillance des ouvrages hydrauliques ». L’organisation sera amenée à évoluer avec les ouvrages en cours de régularisation et les projets en cours de réalisation.

Le premier exercice a eu lieu en octobre 2020. Le scénario sera plus compliqué, avec notamment un désordre sur un des ouvrages. Les équipes de terrain inaugureront aussi leur nouvelle tenue (dont gilets de sauvetage et casques).

 

Premier exercice en 2020

« Tous les ans, nous ferons un exercice d’astreinte », explique Bénédicte Faure.

Le premier test de l’astreinte s’est dérouléen octobre 2020à partir d’un scénario conçu en interne. Sur les 21 personnes du service Gemapi, toutes et tous ont participé, le temps d’une demi-journée prise sur le temps de travail : Cinq agents jouaient l’astreinte, pendant que les autres gémapiens participaient en tant qu’observateurs.

Le scénario de cette première mouture fut volontairement assez basique, explique Bénédicte Faure. « Pour le premier test, les binômes devaient se rendre sur le terrain, nous voulions vérifier les temps de parcours sur les ouvrages. Nous voulions aussi tester les communications entre les binômes de terrain et le bureau, via notre coordinateur ». L’exercice visait également à « jouer » l’utilisation des documents et procédures prévues pour l’astreinte et pour la gestion de crue : fiches à remplir, annuaires à mobiliser, etc.

Précisément, le binôme terrain d’astreinte devait effectuer un parcours de surveillance du système d’endiguement, à l’aide d’une cartographie et d’une liste de points à surveiller : hauteur d’eau au niveau des ponts, des digues et barrages, intégrité de ces ouvrages, fonctionnement des déversoirs… A la fin du parcours ou en cas de constat d’une défaillance d’un ouvrage, il appelle le coordinateur pour lui faire remonter les informations recueillies.

 

Démystifier tous les ans

Quel bilan de cet exercice ? «Le retour d’expérience est positif, mais il y a une nécessité, c’est de refaire un exercice tous les ans», estime Bénédicte Faure. Cette régularité lui semble nécessaire pour ancrer les bons gestes et ne rien laisser au hasard. Un second exercice est programmé en octobre 2021. Il sera joué à partir d’un autre scénario, plus compliqué, avec notamment un désordre sur un des ouvrages.

 

Astreinte réelle

L’entraînement capitalisera aussi sur l’expérience, encore fraîche, de la première astreinte « en vrai ». C’était le 15 septembre 2021, lors d’une vigilance météo orange pluie inondation. Lors de cet épisode sans gravité, le service Gemapi a déclenché l’astreinte du coordinateur. Son rôle ? Suivre la météo ainsi que l’évolution hydrologique à partir des stations de mesure qu’a déployé l’Agglo sur son territoire. L’astreinte, ce jour-là, n’a pas eu à mobiliser les inspections de terrain, mais elle a contribué à démystifier un peu plus, une procédure qui reste, par définition, inhabituelle et qui peut être intimidante.

 

Simulation de crise : accompagner les communes

L’autre mission dévolue à Bénédicte Faure, c’est l’accompagnement des communes – les maires et les agents communaux - pour la mise en place et le test du volet inondation de leurs « plans Communaux de sauvegarde », les PCS. Pour les communes concernées par des ouvrages hydrauliques classés, des fiches PCS à propos de ces derniers, comprenant le rôle de chacun (mairie/gemapi), leur localisation, les zones protégées ont étaient réalisées par l’agglomération et envoyées aux communes pour intégration dans leur PCS. Cette mission est prévue dans le cadre des deux Programmes d’action et de prévention contre les inondations (PAPI) que gère Valence Romans Agglo. Un tel cadrage réglementaire permet de bénéficier du co-financement, à moitié, de l’Etat (fonds dit « Barnier ») pour l’organisation des exercices de simulation. Les communes bénéficient donc d’un accompagnement gratuit.

Gestion de crue, ou gestion de crise ? Quand une inondation se produit, la surveillance (gestion) des ouvrages de protection et le suivi de la crue se poursuit au niveau de l’autorité gémapienne, mais une autre dimension débute, qui touche cette fois les maires des communes, les élus et les agents communaux : c’est la gestion de crise via le pouvoir de police des maires. Ils ont en effet la responsabilité d’activer un « Plan communal de sauvegarde » pour alerter et protéger les populations. Ce sont ces PCS que Valence Romans Agglo incite à simuler, à l’avance. Pour parfaire ces liens, les maires sont informés : lors du déclenchement de la surveillance terrain des ouvrages, lorsque le niveau de protection de l’ouvrage est atteint ou lorsqu’une défaillance dans l’ouvrage est constatée.

 

Entrainements volontaires

Pour qu’une simulation de crise inondation soit organisée, la commune doit avoir déjà formalisé le volet inondation de son PCS. Elle doit aussi se porter volontaire pour l’exercice. Le rôle de l’Agglo ? Co-financer et faciliter les exercices. Par contre, la conception précise de chaque exercice (dont le scénario) est sous-traitée, à l'Institut des Risques Majeurs (IRMa) de Grenoble.

Ces simulations d’inondations sont avant tout destinées à former les maires et les agents communaux, autour de la maîtrise opérationnelle de leur PCS. A Livron-sur-Drôme, en 2021, 14 élus et 10 agents ont participé. « L’IRMA anime l’exercice jusqu’au débriefing, en partant d’un appel fictif la veille au soir, annonçant des fortes pluies », explique Bénédicte Faure. Le lendemain, les équipes communales simulent les tournées d’alerte aux riverains et suivant les configurations locales, la mise en place de barrières, fermetures fictives de routes… Le service Gemapi de l’Agglo mobilise un ou deux agents sur le terrain, dont le rôle est de signaler les points de vigilance sur les ouvrages ou remblais. Des représentants de la gendarmerie, du SDIS et de l’association départementale de protection civile complètent le dispositif de test.

Depuis 2018, trois simulations ont pu être organisées, successivement à Chabeuil, Etoile-sur-Rhône et Livron. Trois communes, sur un total de 40 concernées par les deux PAPI. Il reste donc de la marge. Les PCS sur les communes ayant des systèmes d’endiguement classés n’ont par exemple pas encore été testés. « Nous aimerions aussi participer à des exercices de plus grande ampleur, par exemple un exercice organisé par la préfecture », ajoute Bénédicte Faure. « Nous souhaiterions également associer d’autres services de l’Agglo comme les déchets, l’assainissement ou l’eau potable qui sont en général impactés lors d’inondation. Il s’agit là de futurs objectifs ! »

A l’intention de ses pairs, elle glisse un conseil avisé : après chaque exercice, bien prendre le temps, d’écouter tous les retours et les conseils des participants. Le débriefing, il est clé.

 

Dans ce dossier :

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Articles rédigés par Thibault Lescuyer, pour France Digues.

Contributeur

Jordan PERRIN

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